Alors que je suis dans le noir quelqu'un me secoue gentiment, puis plus sèchement en prononçant mon prénom. Je reconnais cette voix.
Luc : Liu ? Liu ?
Moi : *grogne* Mmmh...
Luc : LIU ! Réveille-toi !
Moi : *ouvre les yeux* Mmmquoi ? Luc ! Pourquoi tu m'as réveillée ?
Luc : *tout doux* La dame de l'adoption est là.
Les évènements de la soirée défilent dans ma tête. Le restaurant avec mes parents, le chevreuil sur la route, mon réveil à l'hôpital, la mort de mes parents, la découverte qu'ils ne le sont pas. Je me lève d'un coup comme ayant reçu une décharge et grimace de douleur. D'un regard je rassure Luc et regarde la femme en face de moi, qui me sourit timidement.
Moi : Merci Luc.
Luc : Je t'en prie. J'attendrai dehors.
Moi : d'accord. A tout à l'heure.
Alors qu'il sort, la femme s'approche de moi. Elle a l'air gentille, manque de chance, ce qu'elle est venue m'annoncer ne va pas sûrement me rendre très aimable.
... : Bonjour Lucie, je m'appelle Anna. Je m'occupe de ton adoption.
Moi : Mon adoption ? Je vais être adopté ? Je croyais que vous deviez juste retrouver ma famille biologique.
Anna : Excuse-moi, je m'exprime mal. C'est ce que je voulais dire. J'ai retrouvé la trace de ta famille biologique. Ou plutôt ce sont eux qui m'ont retrouvé. Tes parents adoptifs...
Moi : *la coupe* Mes parents.
Anna : Pardon ?
Moi : quand vous parlez de mes parents décédés vous direz que ce sont mes parents s'il vous plaît. Et pour l'autre famille vous direz ma famille biologique.
Anna : Excuse-moi.
Moi : Pas grave...
Anna : Donc je reprends. Tes parents étaient très connus et leurs morts à été annoncées à la télévision dès hier. Ta famille biologique voudrait que tu viennes habiter chez elle. Ils ont tout ce qu'il faut pour t'accueillir et brûle d'envie de te revoir.
Moi : Il y a autre chose que vous voulez me dire et ça ne va pas me plaire vu votre tête. Alors crachez le morceau, ce sera fait.
Anna : Ils habitent en Allemagne.
Moi : QUOI ?
Anna : C'est très brusque je sais mais...
Moi : ILS M'ABANDONNENT QUAND JE SUIS BEBE ET LA IL VOUDRAIT QU'AU MOMENT OU JE PERDS MES PARENTS, JE QUITTE LE PEU QU'IL ME RESTE DE VIE POUR ALLER HABITER AVEC EUX !
Anna : *compatissante* Oui.
Moi : Mais... J'ai pas envie !
Anna : Tu n'as pas le choix. Tu pars dans une semaine en direction de Magdebourg.
Moi : Ce n'est pas juste !
Anna : Tu apprendras à connaître tes parents grâce à ça...
Moi : Non ! Mes parents sont morts !
Anna : Je suis vraiment désolée. Tu as été frappé tôt par un terrible évènement, ce n'est pas juste je le reconnais. Mais c'est la loi. Tu n'as que 15 ans. Tu n'as pas ton mot à dire.
*se lève* Désolée d'avoir du te dire tout ca. Je vais te laisser. Je te souhaite bonne chance pour ta nouvelle vie.
Elle me serre la main et sors de la chambre, me laissant seule avec cette nouvelle. Mais pas longtemps, Luc derrière la porte, accompagné de Jade et Angelo, entre doucement. Tous me regardent, inquiet.
Jade : A... Alors ?
Je me contente de bégayer, incapable de dire quoi que ce soit d'autre.
Luc : Liu ? Alors ?
Voyant que je ne réponds pas, il me prend par les épaules et me secoue.
Luc : Dis quelque chose !
Moi : *d'un coup* Mes parents biologiques veulent que j'aille habiter avec eux.
Angelo : Ce n'est pas si terrible.
Moi : *pleurant* Si !
Jade : Pourquoi ?
Moi : ILS HABITENT EN ALLEMAGNE !
L'air dans ma chambre devient alors glacial et seuls mes pleurs font du bruit. Ils me regardent, abasourdis, attendant une réaction de ma part du genre « Poisson d'Avril ». Mais malheureusement, ce n'est absolument pas le cas. Et tous s'en doute. Jade repousse Luc et se jette dans mes bras.
Jade : *pleure* Non ! Dis-moi que c'est pas vrai !
Moi : Si ! Tu crois vraiment que je blaguerai avec ça !?
Nous pleurons dans les bras l'une de l'autre jusqu'à ce que Luc rompe le silence, la voix cassée.
Luc : Et... Tu... Tu pars quand ?
Moi : Lundi prochain...
Luc : Une semaine ?!
*soupire* Donc nous avons une semaine, une semaine pour ne pas que tu nous oublies.
Moi : Franchement, Luc ! Tu crois vraiment que je vous oublierai ? Jamais !
Jade : *sèche ses larmes* Tu viendras habiter à la maison pendant cette semaine. Tu vas t'en souvenir ! Je te le promets !
Moi : *après un silence*Vous êtes les meilleurs amis du monde...
Sur ce, ils m'aidèrent à me préparer pour sortir de cet hôpital. Cette semaine fut la plus courte de toute ma vie. Je n'ai pas eu la force d'aller à l'enterrement de mes parents en début de semaine. Luc, Jade et Angelo m'ont fais vivre une semaine d'enfer et que je ne pourrais jamais oublier. Et que je ne voudrais sous aucun prétexte. L'heure de mon départ approche mais il y a une chose que je veux faire avant.
Moi : Vous permettez que je vous quitte quelques heures ?
Jade : Euh...
Luc : Où veux-tu aller ?
Moi : *baisse la tête* J'ai quelque chose d'important à faire...
Ils comprennent et ne posent pas plus de question. Je me précipite chez le fleuriste, je prends un bouquet de violettes, pour ma mère et des tulipes, pour mon père. Puis, beaucoup plus lentement, je me dirige vers le cimetière où sont enterrés mes parents. Alors que j'arrive devant leur tombe, je sens mes défenses se fissurer. Je me croyais assez forte pour ne pas pleurer, mais je n'y arrive pas. Une fois devant, je dépose mon bouquet et m'assois en face avant de laisser les larmes couler sur mes joues.
Moi : Salut Papa. Salut maman. Je voulais juste vous dire que... Je m'en vais... Contre ma volonté... Mais je m'en vais. Je pars en Allemagne, chez mes parents biologiques. Je n'ai pas le choix. Je suis obligée de partir... Même si avant de partir, j'aurai voulu savoir pourquoi vous ne m'en avez jamais parlé... Mais je ne vous en veux pas. Je ne vous en voudrai jamais... Parce que même si je ne vous l'ai jamais beaucoup dit... Vous êtes les meilleurs parents qu'une fille puisse avoir et... Je vous aime... Plus que tout... Et pour toujours... Je dois partir maintenant. Mais je ne vous oublierai jamais. Au revoir Maman, au revoir Papa.
Je me relève et me dirige chez Jade. Mes affaires sont dans l'entrée, où du moins le peu qui me reste. Jade, Luc, Angelo et leurs parents sont là. Je m'approche de mon meilleur ami et me blottit dans ses bras. Après un petit moment, je prends mes valises et nous prenons la voiture pour aller à l'aéroport. Une fois devant mon terminal, je me retourne et les regarde. Alors que je m'efforce de ne pas pleurer, encore une fois, Jade me prends dans ses bras et pleure. Je ne peux alors m'empêcher d'en faire autant.
Jade : Au revoir ma Liu. Tu me manques déjà... Tu ne m'oublieras pas ein ? Jure le moi !
Moi : Je te le jure... Je te le jure... Comment veux tu que je t'oublie ? Tu es toute ma vie ! Comme vous tous d'ailleurs ! C'est affreux comme vous allez me manquer...Je ne vous oublierai jamais, je vous remercie pour cette dernière semaine avec vous, elle a été bien rempli avec vous tous. Merci. Merci d'avoir toujours été là pour moi... Merci...
Alors que je dis au revoir à Angelo, Jade se retient comme elle peut de ne pas pleurer encore plus mais quand Angelo la rejoint pour que Luc vienne me dire au revoir, elle se jette dans ses bras et pleure plus encore si cela est possible. Luc relève ma tête baissée et caresse ma joue après avoir remis une de mes mèches derrière mon oreille et essuyé les larmes qui coulent.
Luc : Alors ? On doit se dire Adieu ?
Moi : Non. Bien sur que non. Pas un adieu. Mais un au revoir.
Luc : Liu... Il faut que je te dise quelque chose...
Moi : Oui ?
Il semble me dire quelque chose mais baisse la tête comme pour réfléchir. Alors que j'attends le c½ur battant, il finit par relever la tête et me sourire. Non, il ne me dira rien. Il me serre alors un peu plus.
Luc : *chuchote* Je t'aime tellement...
Moi : Je t'aime aussi...
Je sens alors ses larmes couler dans mon dos. Non Luc, ne pleure pas. Je ne veux pas que tu pleures. Sois heureux. Ne me pleure pas. Je reviendrais. J'aimerai lui dire ses mots, mais ils restent coincés dans ma gorge. C'est alors qu'une voix se fait entendre. Je crois que je haïrai toute ma vie la voix de cette femme qui me dit que mon vol en direction de Magdebourg attendait ses passagers. Je me décolle alors de Luc et prend le seul bagage qui me reste.
Moi : Bon. Et bien, c'est l'heure. Je dois partir. Je ne vous oublierai jamais. Merci. Merci pour tout. Je vous aime. Et ce pour toujours.
Je les sers une dernière fois dans mes bras puis me dirige vers l'embarcadère. Alors que je m'éloigne dans la foule, mes amis disparaissent de ma vue. Je me tourne alors vers l'hôtesse qui prend mon billet. Seule, je suis désormais seule. Je vais dans un pays peu connu, vivre avec une famille inconnue. Je me mets à penser à ma... Famille. Comment sont mes parents ? Est-ce que j'ai des frères ou des s½urs ? Est-ce qu'ils vont m'accepter ? Cette dernière question me laisse dubitative. Non, je ne pense pas. Je m'incruste dans leur vie. Comment peut-on accepter quelqu'un comme ça ? Mais la question qui me tracasse le plus est : Est-ce que je serai heureuse ? Pourrais-je m'adapter ? Tout ca, je le verrais, une fois là bas.
[...]
Quelques heures plus tard, je suis enfin à destination. Alors que je récupère mes bagages, je vois une femme hurler et se diriger vers moi en courant. Oh mon dieu ! C'est quoi cette tarée ? Elle a une pancarte à la main. C'est pas ma mère au moins ? Merde, je ne vois rien en plus ! Je suis bigleuse c'est pas possible ! Alors que je la regarde et qu'elle se rapproche plus que jamais je vois que...
Fin du chapitre 3 refait